Paris
- 13 Décembre 2002
Restitution
du patrimoine culturel
Le
Conseil international des musées (ICOM) se réjouit
de la volonté de décourager le trafic illicite
d'objets archéologiques, artistiques et ethniques
clairement affichée dans la déclaration
signée par 18 musées d'Europe et
des Etats-Unis.
Il
est en effet de notoriété publique que l'ICOM
soutient résolument la Convention
de l'UNESCO concernant les mesures à prendre
pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation
et le transfert de propriété illicites des biens
culturels (1970), ainsi que la Convention
d'UNIDROIT concernant les biens culturels volés
ou illicitement exportés (1995).
Toutefois,
l'ICOM a parfaitement conscience que les objets
acquis antérieurement doivent parfois être considérés
à l'aune de sensibilités et de valeurs différentes.
Au
fil des années, les musées ont préservé une
grande variété de collections qu'ils ont mises
à la disposition du public de diverses manières.
La
restitution de biens culturels est une question
qui mérite d'être traitée avec beaucoup de circonspection.
Si la sagesse et la réflexion s'imposent, il
est par ailleurs impératif d'éviter toute prise
de position hâtive.
Comme
le stipule le Code
de déontologie de l'ICOM pour les musées
: "En réponse aux demandes de retour de biens
culturels à leur pays ou peuple d'origine, les
musées doivent être prêts à engager le dialogue
avec un esprit ouvert, sur la base de principes
scientifiques et professionnels (plutôt que
d'agir au niveau gouvernemental ou politique).
De plus, il faut étudier la possibilité d'établir
des partenariats bilatéraux ou multilatéraux
avec les musées ayant perdu une part significative
de leur patrimoine culturel et naturel."
Institutions
au service de la société et de son développement,
les musées du monde entier partagent une mission
commune.
L'ICOM,
qui privilégie une approche réfléchie et un
débat approfondi, prendra assurément l'initiative
de formuler un avis équilibré sur cette question
sensible qu'est la restitution des objets culturels.