Arusha
28 - 29 Sept. 1993
Les
participants à l'atelier sur la prévention
du trafic illicite organisé en Septembre
1993 à Arusha (Tanzanie) ont examiné la situation particulièrement
préoccupante du patrimoine africain.
Les
objets de musées sont volés et illicitement exportés.
Les sites archéologiques sont fouillés clandestinement.
Le patrimoine des communautés traditionnelles est volé et
vendu à bon prix à des trafiquants sans scrupules.
Les
conséquences sont immenses et obèrent gravement l'avenir
des nations africaines en les privant de la connaissance
de leur passé, en dépouillant les communautés des signes
de reconnaissance de leur identité.
Face
à cette situation, les professionnels du patrimoine ont
élaboré les axes prioritaires d'une politique destinée à
lutter de façon efficace contre ce fléau. Ces axes sont
:
La
mise en place systématique d'inventaires du patrimoine dans
et hors des musées, en mettant l'accent sur la nécessité
d'une documentation visuelle.
L'harmonisation des législations nationales et la ratification
des instruments normatifs internationaux en particulier
la Convention de l'Unesco de 1970 concernant les mesures
à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation
et le transfert de propriétés illicites des biens culturels.
Le renforcement de la collaboration avec les services de
police et de douane.
L'élaboration de politiques nationales de recherche, d'éducation
et d'information adéquates destinées à sensibiliser l'ensemble
des populations, les décideurs politiques et l'opinion publique
à l'importance du patrimoine culturel.
Les
professionnels africains sont convaincus que la mise en
oeuvre de cette politique ne pourra se faire pleinement
sans la coopération des professionnels des autres régions
du monde.
C'est pourquoi, ils réclament l'appui de la communauté internationale
des professionnels de musées et des institutions concernées,
et leur lancent un appel afin d'enrayer le pillage et le
transfert illicite du patrimoine africain.
En
outre, ils expriment le souhait que soit, de toute urgence,
créé un Fonds international qui permettrait de financer
des acquisitions d'objets volés et leur restitution aux
musées et aux communautés quand les législations nationales
ou internationales ne permettent pas leur restitution.
Cet appel a été adopté par l'assemblée à Arusha, le 29 septembre
1993